Jean Pierre MAGGI – Le BLOG

Une conférence sur l’avenir de l’agriculture qui a connu un franc succès

La conférence-débat que j’ai organisée le 21 octobre, dans le cadre de Notre Avenir en Débats, sur le thème de l’avenir de l’agriculture sur notre territoire a connu un franc succès. Avec Guilhem Bourrié, Chercheur à l’INRA, Antoine Bonfillon, président des jeunes agriculteurs et Francis Martino, maraîcher et co-président du syndicat agricole SALON GRANS (F.N.S.E.A), devant un auditoire très nombreux, nous avons notamment fait un état des lieux dans notre région d’une agriculture traditionnelle « écologiquement intensive » et de qualité qui connaît des difficultés grandissantes (mitage et urbanisation des terres, nombre grandissant de retraités). Nous avons ensuite évoqué la situation des jeunes agriculteurs (nouvelle génération peu nombreuse) et abordé la problématique de la production maraîchère et les perspectives d’avenir.

Les débats, qui s’en sont suivis avec la salle, ont été très enrichissants et ont permis d’échanger de façon constructive sur un sujet qui nous touche tous.
Nous avons ensuite continué la discussion autour d’un repas préparé avec des produits 100% salonais, concocté par le Chef de la Table du Roy, Mathias Peres.
Découvrez mon discours de présentation de la conférence-débat :
« Je suis très heureux de vous accueillir aujourd’hui pour le dernier débat de l’année  2014 de notre cycle de conférence « Notre avenir en débats», autour de la thématique « L’agriculture a-t-elle encore toute sa place sur notre territoire ?».

Ce débat vous est présenté en collaboration avec l’association « Les Amis de la 8e « , qui m’accompagne et travaille à mes côtés depuis déjà 2 ans et demi, afin de pouvoir vous proposer ces rendez-vous d’échange et de culture réciproque.

L’agriculture est un vaste thème, il y aurait tant à dire et à débattre, qu’il nous faudrait bien plus qu’une rencontre d’1 heure et demie.

Nous avons donc choisi de vous parler ce soir de l’avenir de notre agriculture locale, sur notre territoire. Car aujourd’hui, pris dans le tourbillon de la mondialisation et de la consommation à outrance, nous perdons nos repères. Les scandales à répétitions sur la traçabilité des produits nous ramènent parfois à la réalité, que consommons-nous vraiment ? D’où proviennent les produits que nous trouvons sur les étals des supermarchés, des marchés ? Pourquoi des différences de prix si importantes ? Autant de questions que le consommateur se pose, qui l’inquiètent. Dès lors, il cherche une autre façon de consommer, il veut des produits de qualité, bons pour sa santé. Il veut connaître la provenance des produits, comment ils sont cultivés. Il s’inquiète de l’impact sur l’environnement. Il cherche parfois un autre mode de consommation, plus direct, plus local.

Le lien entre le consommateur et le producteur se crée, ce qui nous fait prendre conscience que, derrière ces produits alimentaires indispensables, il y a tout un monde, des hommes et des femmes qui travaillent pour nourrir une population toujours grandissante.

Un monde qui semble idyllique pour les « non-initiés », et qui, en ces temps de crise, attire toutes sortes de professionnels en mal de reconversion, et pourtant, ce monde est exsangue.

En effet, selon l’INSEE, en 20 ans nous avons perdu plus de la moitié de nos exploitations agricoles, soit entre 500 000 et 550 000 exploitations. En deux décennies, la superficie agricole utilisée a perdu près de 1,7 millions d’hectares. Nous sommes passés d’une production excédentaire à une production déficitaire, nous consommons plus que ce que nous produisons et devons importer.

Ce secteur pourtant à la base de notre société se trouve donc plus que jamais fragilisé.

Les raisons semblent multiples : une concurrence internationale et européenne féroce, des contraintes imposées par les industriels, des prix tirés vers le bas par la grande distribution, des normes nationales et européennes toujours plus lourdes, un endettement toujours plus important.  Sans compter des jeunes agriculteurs trop peu nombreux pour faire face aux défis du vieillissement de la profession, soit par manque de terres cultivables (explosion urbaine, mitage, gel des terres par les anciens) ou par refus des jeunes agriculteurs « d’héritage » de reprendre l’exploitation familiale car ils aspirent à une autre vie.

Si nous commençons à prendre conscience de la situation nationale de notre agriculture, qu’en est-il au niveau local, sur notre territoire ?

Afin de comprendre la situation et de pouvoir débattre sur cette problématique, j’ai le plaisir de recevoir ce soir Monsieur Guilhem BOURRIÉ, chercheur à l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) qui s’est spécialisé depuis une dizaine d’années sur la plaine de la Crau. Monsieur BOURRIÉ nous expliquera dans un premier temps comment s’est développée notre agriculture sur notre territoire et quel type d’agriculture. Il nous fera un état des lieux de la situation actuelle et des difficultés auxquelles nos exploitants agricoles doivent faire face.

Je donnerai ensuite la parole à Monsieur Antoine BONFILLON, Président des jeunes agriculteurs. Monsieur BONFILLON nous renseignera sur les difficultés d’installation, la non-reprise de l’exploitation familiale, les causes, les conséquences. Mais également les solutions envisagées et envisageables qui pourraient être mise en œuvre afin d’enrayer le phénomène.

Puis, j’aurai le plaisir de recevoir Monsieur Francis MARTINO, Exploitant agricole, maraîcher et Co-Président du syndicat agricole Salon-Grans FNSEA. Exploitant agricole « d’héritage », il est témoin direct de ce qu’a pu être l’évolution de son métier et des difficultés rencontrées aujourd’hui. Comment les surmontent-il ? Quels ont été ses choix ? Quelles solutions envisage-t-il ?

Pour finir, je donnerai la parole à la salle, afin que nous puissions échanger sur ce thème, que chacun puisse exposer ses constats, ses craintes, ses attentes, mais également ses pistes de solutions.

Cette problématique, je le pense sincèrement, nous concerne tous :

–        professionnels de l’agriculture car c’est votre passion, votre métier;

–        consommateurs, vous avez de plus en plus conscience que votre santé dépend de ce que vous consommez, et que vous avez droit à des produits sains, variés et riches au niveau gustatif, ce qui est légitime.

–        Politiques : il est de notre devoir de vous écouter et de travailler avec vous producteurs et consommateurs afin de trouver ensemble les solutions qui permettront d’envisager sereinement l’agriculture d’aujourd’hui et celle de demain.

Certes, le chantier a commencé avec la réforme de la politique agricole commune pour la période 2014-2020, la Loi d’Avenir engagée par le gouvernement.

Cependant, je suis conscient qu’il y a beaucoup à faire, que nous n’en sommes qu’aux prémisses. Si un travail a été engagé au niveau national il est loin d’être achevé, et cela ne suffira peut être pas. Le gouvernement et l’Europe doivent agir mais ils ne peuvent pas tout,  les politiques également au plan local (Maires, Conseillers généraux, Régionaux…) doivent prendre conscience  du rôle qu’ils ont à jouer pour que l’agriculture ait un avenir sur leur territoire par un aménagement réfléchi de qualité. »

Retrouvez toutes les photos de la soirée sur ma page Facebook.

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