Jean Pierre MAGGI – Le BLOG

Question orale sur les dons volontaires de moelle osseuse

Le 14 février 2017, j’ai posé une question orale sans débat à Marisol Touraine, la ministre de la Santé, au sujet des dons volontaires de moelle osseuse. 

Voici le texte de ma question :

 » Mme la ministre

Ma question porte sur la problématique du don volontaire de moelle osseuse. La probabilité pour le receveur de trouver un donneur compatible est très faible, de l’ordre de 1 pour 1 million.

Le premier cercle dans lequel la recherche est menée est le cercle familial proche. Les parents du receveur en sont exclus d’office puisque chacun d’eux n’a transmis à son enfant que la moitié de son patrimoine génétique. Quant aux frères et sœurs, leur taux de compatibilité n’est que de 25 %.

En conséquence, 60 % des greffes de moelles osseuses, en France, sont réalisées en dehors du cadre familial.

Le deuxième cercle vers lequel les receveurs se rabattent est celui du registre national des personnes inscrites comme volontaires pour un don de moelle osseuse, qui a aussi ses lacunes, à commencer par le trop faible nombre de personnes inscrites : on en comptait 248 000 en 2015, contre 6 millions en Allemagne, 740 000 au Royaume-Uni et 900 000 en Pologne. Le registre français ne suffit donc pas à satisfaire les besoins nationaux en matière de greffe de moelles osseuses, évalués à 2 000 par an environ.

À titre d’exemple, en 2014, 1 personne sur 8 trouvait une personne compatible dans ce registre. Cette difficulté risque fort de s’aggraver dans un proche avenir, puisque 50 000 personnes inscrites seront radiées du registre en 2024, en raison du dépassement de la limite d’âge, fixée pour les donneurs à 60 ans.

Or, le manque de communication faite autour de ce grand enjeu de santé publique rend peu probable une augmentation significative du nombre de personne inscrites dans ce registre.

Il importe, par ailleurs, d’œuvrer à une diversification massive des phénotypes représentés au sein du registre national. Les cartes génétiques des individus diffèrent fortement selon leur origine géographique. Les phénotypes de type européen étant surreprésentés au sein du registre national, les Français ayant des ascendances lointaines – notamment africaines ou moyen-orientales – ont encore moins de probabilités que les autres d’y trouver un donneur compatible. Il leur revient alors d’élargir leurs recherches aux quelque 74 registres existant dans 53 pays et recensant 26 millions de personnes, avec les difficultés – notamment en termes de délais – que l’on imagine.

Quelles dispositions seront prises pour augmenter significativement le nombre d’inscrits dans le registre national et pour en diversifier les phénotypes ?

Je vous remercie. »

Retrouvez mon intervention dans l’hémicycle, ainsi que la réponse de la Ministre dans cette vidéo.

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